Secrets de Formulation : Vieillissement cutané et stratégie cosmétique


Le rayonnement solaire comme l’oxydation sont de véritables paradoxes. Ils sont à la fois nécessaires à la vie et induisent par ailleurs la destruction cellulaire. La maîtrise de leurs effets délétères doit être prise logiquement en charge par les produits cosmétiques qui se revendiquent « anti-âge ».




La peau est le révélateur du vieillissement humain. Les personnes montrant des signes de vieillissement cutané sont souvent perçues par notre société comme étant en mauvaise santé et incapables d’initiatives. Il en résulte une demande croissante de la population pour obtenir des produits cosmétiques performants capables de prévenir le vieillissement cutané.


Pour y répondre, non seulement les laboratoires doivent intégrer une meilleure connaissance de la physiopathologie du vieillissement et de ses conséquences dermatologique, mais aussi élaborer une stratégie de formulation spécifique. Au vue des connaissances acquises sur les mécanismes du vieillissement cutané, il paraît aisé de définir les axes formulaires utiles à la conception d’un produit de prévention anti-âge. En pratique on peut:


- Privilégier un support d’application favorisant une bonne biodisponibilité des actifs. La formulation d’une émulsion huile/eau assez riche en phase grasse se montre dans la plupart des cas la meilleure solution. Toutefois la solubilité, la polarité ou, selon les cas, le coefficient de partage d’une ou des molécules actives à véhiculer, peuvent orienter le formulateur vers une autre galénique.


- La formulation doit proposer un bon niveau de protection solaire tout particulièrement dans le domaine des UVA et un peu au-delà, à la limite du visible (entre 300 et 400 ?m).


- L’emploi de un ou plusieurs actifs à action antioxydante ou anti-radicalaire confirmée est un prérequis. Ils peuvent être choisis parmi une foule de possibilités plus ou moins originale, l’essentiel étant de s’assurer de leur efficacité dans le produit fini.


- Le caractère anti-inflammatoire de certains actifs, surtout s’il est associé à une activité antioxydante, est à privilégier pour leur action sur la glycation des protéines. * Une action chélatrice sur les métaux de transition (Fer, Cuivre etc.) est un gage d’une protection accrue vis-à-vis des phénomènes d’oxydation. La formule devra satisfaire sur ce point en intégrant un système chélatant performant.


- On peut privilégier le renforcement de l’effet barrière de la peau qui, en plus de maintenir un niveau d’hydratation élevé et rétablir une bonne cohésion des couches cellulaires, va diminuer nettement l’impact des agressions extérieures. Dans cette fonction la vitamine D reste du domaine parapharmaceutique, il existe des actifs de substitution. On peut également penser aux céramides ou à plusieurs stérols issus de plantes qui peuvent apporter une solution intéressante dans la régénération de la fonction barrière de la peau.


L’hypothèse « radicalaire » du vieillissement cutané basée sur la production des (DROs) et découlant du stress oxydant est désormais bien établie depuis plus de 50 ans mais nous pouvons envisager de l’étendre à une vision plus globale incluant un lien entre vieillissement cutané et stress cellulaire dans son ensemble. Ce dernier élément explique l’évolution des formulations cosmétiques anti-âge en intégrant des actifs à visée anti-inflammatoire et promoteur d’un effet barrière cutané renforcé.

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Cet article est une synthèse rapide de celui proposé par le Dr. Denis PECH, Pharmacien R&D Innovation chez SOFIA Cosmétiques et Consultant.


Crédit photo : Engin Akyurt

Source : Pole Pass